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Les données les plus récentes sur les animaux familiers au Canada indiquent que la possession d’animaux familiers est en hausse : 41 % des ménages possèdent au moins un chien et 28 % possèdent au moins un chat (CAHI 2019). L’obésité chez ces animaux augmente également : une étude récente estime que 59,5 % des chats et 55,8 % des chiens sont en surpoids ou obèses (APOP 2018). L’obésité est présentement l’un des problèmes de santé les plus fréquemment observés par les vétérinaires, mais en dépit de cela, la majorité des propriétaires ont une perception fautive de l’état physique de leur animal et sous-estiment son poids (Eastland-Jones et al., 2014). Tristement, l’obésité n’est pas l’apanage des animaux adultes : 21 % des chiots âgés de six mois ont déjà un excédent de poids (German et al. 2018).

Même si le rôle que jouent les animaux domestiques dans une maisonnée est différent d’une famille à l’autre, l’objectif primordial est le même : qu’ils aient une vie longue et heureuse. Comment pouvons-nous faire en sorte que nos animaux aient une telle existence, à la lumière des tendances actuelles en médecine vétérinaire?

Une nouvelle recherche du Waltham Centre for Pet Nutrition et de l’Université de Liverpool (Salt et al. 2019) a montré que les chiens ayant un surplus de poids sont plus susceptibles d’avoir une longévité moindre, comparativement aux chiens qui ont un poids idéal. Dans cette étude rétrospective, les dossiers médicaux de plus de 50 000 chiens des 12 races les plus courantes ont permis d’évaluer l’association entre l’état corporel et l’espérance de vie. De façon générale, cette recherche a démontré que le poids excédentaire est associé à une vie plus courte pour ces 12 races.

Bien que cette étude n’ait pas évalué les causes de la prise de poids, il est pressenti que les mauvaises habitudes – alimentation et style de vie – jouent un rôle important dans le développement de l’obésité chez les animaux de compagnie. Quelles mesures pouvons-nous prendre pour encourager et inspirer les propriétaires à adopter de meilleures habitudes relativement à leurs animaux?

  1. Anticiper! De nouvelles courbes de croissance pour les chiots ont été développées par le Waltham Centre for Pet Nutrition. Elles permettent aux équipes vétérinaires et aux propriétaires de repérer, et donc de corriger, les états corporels problématiques à un très jeune âge.
  2. Utiliser une balance. Il est plus précis de mesurer la ration de nourriture à l’aide d’une balance qu’avec une tasse à mesurer. Effectivement, la recherche a révélé que l’utilisation d’une tasse à mesurer normale peut faire gonfler la taille d’une portion, et ce jusqu’à 80 %! (German et al. 2011)
  3. Prescrire une formule vétérinaire thérapeutique pour la perte de poids. En comparaison des formules d’entretien, les formules amaigrissantes thérapeutiques sont enrichies en éléments nutritifs essentiels (protéines, vitamines et minéraux) tout en étant réduites en calories. Elles garantissent une nutrition adéquate parallèlement à une restriction calorique.
  4. Limiter la quantité de gâteries. La contribution énergétique des gâteries devrait correspondre à moins de 10 % de l’apport quotidien total. Ceci comprend toutes les collations, les récompenses pour le dressage et la nourriture utilisée pour camoufler la médication. Cette règle générale prévient non seulement le risque de prise de poids non souhaitée, mais aussi les déséquilibres alimentaires.
  5. Récompenser autrement. Si un animal quémande, tentez de remplacer la nourriture par de l’affection ou des jeux. Dans une étude récente, l’analyse des IRMf de chiens à qui on a offert différents types de récompenses a démontré que les interactions sociales étaient au moins aussi satisfaisantes que la nourriture (Cook et al., 2016). De plus, l’attention et les interactions sont des options plus saines que les gâteries.

Nous souhaitons tous que nos animaux aient une vie longue et en santé. Bien que nous n’ayons aucun pouvoir sur certains facteurs qui influencent la longévité comme la race, la génétique et l’environnement, il y a encore un aspect sur lequel nous pouvons agir quotidiennement et qui a un impact positif sur la durée de vie : la gestion du poids. Dans le cas des animaux de compagnie, le succès d’une bonne gestion du poids ne se mesure pas uniquement en kilos perdus, mais aussi en années de vie gagnées.

Références :

  1. CAHI. (2019, Jan 28). Press Release: Latest Canadian Pet Population Figures.
  2. APOP. (2019, Mar 12). 2018 Pet Obesity Survey Results.
  3. Eastland-Jones RC, German AJ, Holden SL, Biourge V, Pickavance LC. Owner misperception of canine body condition persists despite use of a body condition score chart. J Nutr Sci 2014; 3:e45. Publié le 8 octobre 2014. DOI :10.1017/jns.2014.25.
  4. German AJ, Woods G, Holden SL, Brennan L, et Burke C. Dangerous trends in pet obesity. Vet Rec 2018;182:25.
  5. Salt, C, Morris PJ, Wilson D, Lund EM, German AJ. Association between life span and body condition in neutered client‐owned dogs. J Vet Int Med 2019;33:89-99.
  6. German AJHolden SLMason SLBryner CBouldoires CMorris PJDeboise MBiourge V. Imprecision when using measuring cups to weigh out extruded dry kibbled food. J Anim Physiol Anim Nutr 2011;95(3):368-73.
  7. Cook PF, Prichard A, Spivak M, Berns GS. Awake canine fMRI predicts dogs’ preference for praise vs food. Soc Cogn Affect Neurosci 2016;11(12):1853–1862.