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Depuis le début de 2020,  les médias ne parlent que des malheurs causés par la crise du coronavirus.  Le secteur de l’aviation générale canadien est touché par cette même crise alors que nous sommes en pleine période d’activité dans un marché particulièrement difficile à la suite d’une nouvelle série de réductions de ne tarifs de service et de nouveaux règlements gouvernementaux. Les taux et les primes d’assurance continuent d’augmenter, avec des conditions plus strictes et des franchises plus élevées imposées au secteur de l’aviation.

Comment en sommes-nous arrivés ici?

Essentiellement, par un enchaînement d’événements qui a débuté avec une série de réclamations ou de poursuites dans tous les secteurs de l’industrie de l’aviation, ce qui a fait que les assureurs ne considéraient plus leurs clients de l’aviation comme étant rentables. Ceci a fait que plusieurs assureurs ont décidé de se retirer du marché  de l’assurance de l’aviation, ce qui a eu pour effet de réduire la capacité du marché. Les assureurs qui n’ont pas abandonné le secteur de l’aviation ont concentré leurs efforts sur la remédiation de leurs clients existants en visant clairement la rentabilité et la réduction des risques de réclamation.

Que signifie la nouvelle réalité du marché de l’assurance et comment elle affecte les membres de l’ACH?

L’impact le plus important sera une augmentation des tarifs d’assurance et des primes. En ce qui concerne les tarifs  d’assurance des clients sans réclamations qui ont été profitables au cours des années, nous nous attendons à la plus faible augmentation de taux d’assurance, mais l’augmentation sera néanmoins dans les deux chiffres (en pourcentage). Les clients  non rentables  risquent toutefois d’être frappés par des augmentations beaucoup plus importantes, possiblement dans les trois chiffres de pourcentage, alors que les assureurs du secteur de l’aviation, particulièrement dans le cas de nouveaux clients. En plus de l’impact sur les primes d’assurance, les assureurs tendent à réduire les éléments qu’ils ne veulent plus assurer, comme les coûts de remisage,  les commissions sur les bénéfices, les dépenses additionnelles et d’autres frais auxiliaires. De plus, les montants  de la part conservée, comme les franchises d’assurance sur le corps de l’aéronef, augmentent dans certains cas, avec d’autres franchises auxiliaires qui sont maintenant introduites. Nous nous attendons à ce que les assureurs adopteront une approcha favorable à l’égard des clients qui ont des stratégies d’assurance stables pour assurer leur rentabilité à long terme, et qui ne changent pas fréquemment d’assureurs. 

Parlons maintenant de ce qui nous touche tous, soit la COVID-19. Bien que les médias aient grandement couvert  le problème tel qu’il affecte les compagnies aériennes, il est clair que cette pandémie a déjà des impacts financiers importants le marché de l’aviation générale et sur plusieurs membres de l’ACH. Ces impacts financiers sont essentiellement attribuables aux restrictions de voyage et de vols imposées aux secteurs privé et public. On s’attend à ce que ces restrictions resteront en vigueur encore des semaines, sinon des mois, en plus des contrats retardés ou annulés par nos clients qui doivent aussi gérer leurs propres finances. Du point de vue des assurances, les couvertures actuelles pour les dommages aux aéronefs et la responsabilité civile ne sont pas conçues pour protéger les exploitants contre les pertes financières dues à des interruptions de service. En règle générale, les assurances contre les dommages physiques  aux aéronefs ne couvrent que les dommages aux aéronefs et à leurs composantes. Les assurances de responsabilité civile standard couvrent les blessures corporelles ou des dommages matériels causés par une « occurrence » qui est généralement définie comme un « accident ou une exposition continue et répétée à des conditions qui mènent  à des blessures corporelles ou à des dommages matériels  qui n’ont pas été prévus par l’assuré ». Ainsi, quand on parle essentiellement de l’utilisation d’un aéronef lorsqu’un passager est à bord et/ou lors d’embarquements ou de débarquements, un exploitant peut être tenu responsable de passagers  et/ou d’autres parties qui auraient contracté la COVID-19. Il serait toutefois très difficile pour un passager de prouver  qu’il a contracté le virus dans l’aéronef ou lors de l’embarquement ou du débarquement, ou ailleurs. L’ampleur de l’impact de la COVID-19 ne sera pas connue avant un certain temps, mais à mesure que la pandémie progresse au Canada et partout dans le monde, elle continuera d’avoir un impact négatif sur toutes les industries, incluant l’aviation générale.

La combinaison du marché de l’assurance actuel et de la pandémie COVID-19 a créé de graves conséquences pour le secteur de l’aviation générale au Canada. Les stratégies traditionnelles de gestion des risques dans le cas d’un marché déprimé ne font plus l’affaire. Les membres de l’ACH doivent adopter une stratégie globale de gestion des risques qu’ils peuvent mettre en place avec l’aide de professionnels de gestion des risques comme Willis Towers Watson Canada, afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles dans le marché de l’assurance actuel.

Auteur : Graham Marshall
Tel: +1 647 202 4431
Courriel : graham.marshall@willistowerswatson.com 

Les commentaires exprimés dans cet article ne sont pas nécessairement ceux de Willis Towers Watson ou de leurs entreprises affiliées, et ne constituent pas  un avis professionnel.