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L’ACH pose des questions sur la nature des services aériens essentiels au Canada

L’aide financière accordée à l’industrie de l’aviation par le gouvernement fédéral a exclusivement ciblé les exploitants de services aériens dans le Nord. Quelques exploitants de services d’hélicoptère, situés au nord du 60e, ont aussi bénéficié de cette aide. Plusieurs de nos membres travaillent dans des régions nordiques et éloignées, sans bases d’opérations nordiques. Ces membres ont été exclus de cette aide financière.  Ensuite, plusieurs exploitants offrent leurs services dans des régions qui ne sont pas au nord du 60e, mais ils procurent néanmoins des services essentiels dans les régions les plus nordiques et éloignées des provinces canadiennes. Tous les étés, la plupart des exploitants affectent leurs hélicoptères, d’un bout à l’autre du pays, pour lutter contre les incendies et offrir d’autres services, quelque soient leurs bases d’opération.  

Nous sommes préoccupés par le fait que plusieurs de nos membres exploitants travaillent dans des circonstances extrêmement difficiles et qu’ils ont un grand besoin d’une aide financière sous forme de suppléments directs ou de subventions, ou sous forme de prêts à remboursement conditionnel. Nous avons déjà malheureusement assisté à la fermeture d’entreprises d’hélicoptère, et plusieurs autres entreprises ont suspendu leur certificat d’exploitant aérien commercial parce qu’ils ne sont pas en mesure de payer pour les assurances requises alors que leurs hélicoptères restent cloués au sol. Si vous prenez le temps de consulter les décisions de l’Office des transports du Canada (OTC) en ligne[1], vous constaterez que depuis la mi-mars, lorsque la pandémie COVID-19 s’est déclarée, 18 exploitants de services d’hélicoptère ont soit abandonné leur licence OTC, ou que la licence a été suspendue en raison de leur incapacité de payer pour une assurance de responsabilité civile, ou que la licence a été annulée.  

La plupart de nos membres exploitants procurent des services essentiels, qu’il s’agisse de services ambulanciers, d’opérations de recherche et de sauvetage, de lutte contre les incendies de forêt, de services policiers, ou de services d’inspection de pipelines et de lignes électriques.  Ensuite, les entreprises de services d’hélicoptère qui procurent leurs services durant la saison estivale des incendies de forêt ont dû ralentir leurs opérations en raison des pluies abondantes qui ont étouffé ces incendies, ce qui s’est traduit par un manque de revenus. Pour les Canadiens qui n’ont pas été menacés par des incendies, ces pluies ont été évidement été bienvenues. En 2019, en Alberta, par exemple, les services de lutte contre les incendies ont été fournis par 71 exploitants de services d’hélicoptère de tous les coins du pays, mais 90 % des hélicoptères étaient engagés sur demande seulement. Plusieurs exploitants comptent sur les demandes de services de lutte contre les incendies l’été. Les statistiques nationales présentées sur le site Web du Centre interservices des feux de forêt du Canada (sur un an) entre 2019 et 2020, indiquent une baisse de 90 % des feux de forêt[2]. Quand on considère les statistiques nationales moyennes sur cinq ans, l’année 2020 est encore pire pour notre industrie.

L’ACH s’inquiète du fait que la combinaison d’une saison lente au plan de la lutte contre les incendies et des effets de la COVID-19 – qui ne sont pas encore derrière nous – fera qu’un nombre croissant d’hélicoptères ne seront plus disponibles pour effectuer des travaux importants comme la fourniture de services essentiels partout au Canada et particulièrement dans les régions nordiques. Suivez notre bulletin à mesure que l’ACH présentera notre situation et nos vues aux ministres fédéraux clés et aux comités parlementaires.