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Nos plus récentes recherches au sujet de ce qu’il faut pour trouver l’équilibre au sein d’un conseil d’administration et le conserver (c’est-à-dire un conseil qui est à la fois représentatif et compétent) ont dévoilé 11 conditions qui, si elles ne sont pas abordées, peuvent entraîner de graves conséquences pour l’organisation. Voici ces conditions, dans aucun ordre de priorité particulier, puisque leur importance relative les unes par rapport aux autres différera selon l’organisation :

  1. Les membres du conseil d’administration ne concentrent pas leur temps de discussion sur la stratégie, les politiques et la surveillance. (Les discussions sont riches en opinions et déficientes en informations, et portent sur des rapports qui décrivent le travail déjà accompli.)
  2. Un nombre disproportionné de politiciens siège au sein du conseil. (Ces membres de conseil d’administration ont tendance à ne pas s’engager parce qu’ils sont surtout intéressés par le réseautage et la reconnaissance d’avoir siégé à tel ou tel conseil, et non par le véritable travail d’un conseil engagé.)  
  3. Le conseil d’administration concentre ses efforts sur la croissance de l’association en tant qu’entreprise et non en tant que communauté d’intérêts partagés. (Le nombre de membres et la trésorerie sont des gages de réussite plutôt qu’une valeur accrue.)
  4. Il n’y a pas de vision partagée de l’avenir. (Les buts et objectifs sont mis en place pour accroître la capacité et les résultats de l’organisation, plutôt que sur « comment le monde du membre ou la mission sera meilleur » à la suite des travaux de l’organisation.)
  5. L’énergie de l’organisation est consommée par des disputes continues portant sur qui a quel pouvoir. (La distribution des pouvoirs au sein de l’organisation est priorisée au détriment de la valeur qui en découle.)
  6. Les membres du conseil d’administration ne font pas montre de sensibilité, et ne sont pas sélectionnés en ce sens, envers les caractéristiques d’un membre efficace d’un organisme élaborant des politiques. (La réflexion, la communication, les aptitudes de procédures de groupes et l’habileté à contribuer au processus de décision collaborative ne sont pas prises en considération lorsque les groupes de leadership sont formés.)
  7. Il n’y a pas de partenariat consultatif entre le conseil d’administration et le personnel. Une dynamique conflictuelle est considérée comme étant la meilleure façon de protéger les intérêts des membres de ceux, non-désintéressés, du personnel, et de sauvegarder l’argent des membres des abus du personnel. (Les membres du conseil d’administration et ceux du personnel sont souvent isolés les uns des autres par un PDG qui représente le seul point d’interaction avec le conseil.)
  8. Il n’y a pas de comité de mises en candidature ou s’il y en a un, il ne passe pas les candidats au crible en fonction des postes à pourvoir au sein du conseil, que ce soit en tant qu’administrateur ou en tant que membre de l’équipe de leadership, afin d’atteindre un équilibre entre la représentation et les compétences. (L’incompétence et le manque de courtoisie sont tolérés et les intimidateurs ne sont pas confrontés.)
  9. Les processus selon lesquels gouverne le conseil d’administration (stratégie, politiques et allocation des ressources) n’existent pas, ont été atrophiés ou sont ignorés.
  10. Le PDG est un expert de l’industrie qui est engagé dans une lutte avec le conseil d’administration pour savoir quelle vision de l’avenir (celle du PDG ou du conseil) sera la plus pertinente pour l’industrie ou la profession.
  11. Le processus du conseil d’administration n’offre pas l’occasion de discuter régulièrement des niveaux de réussite, ce qui veut dire que les réussites manquées ou les inquiétudes face au style ou à l’approche ne sont pas abordées en temps opportun.

Notons également que le différend entre conseils d’administration basés sur la répartition des membres et ceux basés sur les compétences relève de la vieille histoire.  C’est la version moderne de l’argument classique entre Aristote et Platon au sujet des mérites du philosophe roi par rapport à ceux d’une démocratie. 

Il n’y a pas d’évidence ou de recherche démontrant que les membres de conseils d’administration nommés ou des élections non contestées produisent des conseils plus efficaces que des membres de conseils d’administration élus et des élections contestées. En fait, nos recherches, en plus de celles d’une firme de recherche effectuée auprès d’associations de commissions scolaires dans les années 70, des rapports de recherches publiés par HBR à partir des années 80 jusqu’à aujourd’hui et d’autres organisations qui se concentrent sur la gouvernance, ont relevé qu’il y a une forte corrélation entre les processus de travail utilisés par les conseils d’administration et les qualités personnelles de ses membres, et l’efficacité d’un conseil d’administration. Aucun processus de sélection n’a été identifié au cours des ans comme étant une meilleure pratique qui fonctionne le mieux partout, pour toutes les organisations, tout le temps.

Le supposé choix forcé entre des conseils d’administration basés sur la répartition des membres ou ceux basés sur des compétences représente une fausse dichotomie. Des éléments de preuve indiquent que les conseils d’administration les plus efficaces — c’est-à-dire ceux qui gouvernent des associations qui atteignent des buts et objectifs qui visent une valeur ajoutée pour les membres au fil du temps — sont à leur meilleur lorsqu’ils sont perçus par les intervenants clés comme étant à la fois représentatifs et compétents.


Glenn Tecker

Glenn Tecker est conseiller principal, président du conseil et co-PDG de Tecker Consultants International. Il a œuvré à titre de cadre au sein d’entreprises commerciales, d’agences publiques et d’organismes sans but lucratif. Monsieur Tecker a développé une expertise auprès des professionnels en soins de santé et domaines connexes, des commissions scolaires et des établissements d’enseignement, des associations de bibliothèques, des organisations environnementales et de génie, de même que des institutions financières.