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Conseils pour les leaders associatifs de la prochaine génération

La grande leçon qui ressort du lot pendant ma carrière, c’est que les relations sont la clé du succès comme cadre d’association. Plusieurs anecdotes illustrent bien le meilleur conseil que je puisse donner à la prochaine génération de leaders d’association.

Lorsque je suis arrivé à l’Association du Barreau canadien (ABC) comme chef de la direction, les divisions (c’est-à-dire les organisations semi-autonomes de l’ABC dans les provinces et territoires) détestaient l’organisation nationale. Elles ressentaient la faiblesse de la communication et le manque d’écoute des gens. Je me suis efforcé de bâtir une relation avec les directeurs administratifs de chaque province et territoire, et j’ai en fait développé un plan comportant des appels téléphoniques mensuels avec le groupe et deux rencontres en personne par année. Ce groupe est maintenant devenu le groupe de direction et comprend ces directeurs administratifs, ainsi que mon équipe de haute direction. Avec le temps, le groupe a développé beaucoup de confiance mutuelle et était prêt à parler franchement et ouvertement des enjeux – ce qui fait que la collaboration et la cohérence au sein de l’organisation ont augmenté. La clé de tout cela fut la création de relations personnelles, en visitant les divisions, en rencontrant les directeurs administratifs et les bénévoles, et en ayant une relation là où ma crédibilité était établie, mais j’en suis également venu à comprendre quels étaient les enjeux et les défis pour eux.

L’autre défi pour un cadre d’association est la myriade de parties prenantes pouvant avoir un lien avec votre association, qu’il s’agisse d’un groupe international, de concurrents amicaux, ou de partenaires d’affaires possibles. J’ai été capable de développer des partenariats fructueux avec ces gens en me concentrant sur la création d’une bonne relation avec les personnes clés de ces divers groupes de parties prenantes. Rencontrer les gens en personne et établir une relation avec eux de sorte qu’ils se sentent à l’aise de prendre le téléphone et de vous parler, et qu’ils sachent que vous êtes une personne de parole, contribueront beaucoup à votre succès comme cadre d’association. Vous retirerez des avantages incroyables de ces relations en découvrant que vous avez de merveilleux nouveaux amis et une source incroyable d’idées et d’information lorsque vous vous retrouvez face à un défi.

John D.V. Hoyles, B.A., LL.B.
Chef de la direction
Association du Barreau canadien

Il m’a fallu longtemps, dans ma carrière d’agent en chef du personnel, pour acquérir la confiance en soi nécessaire pour comprendre que lorsque le conseil d’administration discutait de questions opérationnelles, il n’essayait pas d’interférer avec mon rôle de gestion. Il tentait seulement de se rendre utile. Même lorsque les membres du conseil y allaient de « tu devrais », ils voulaient dire « tu devrais envisager de » car au bout du compte, ils acceptaient toujours que la décision finale me revienne.

La clé consiste à gérer adéquatement ce que certains considéreraient comme une ingérence dans les opérations. Les conseils d’administration ont beaucoup de connaissances et d’expérience qui peuvent

être très précieuses. On profitera souvent de leur demander leur avis ou leur conseil sur certains enjeux de gestion, mais il faut absolument leur faire comprendre clairement dès le début que vous ne leur demandez pas de prendre une décision. Il est tout aussi important que le président du conseil se rallie à votre cause afin d’empêcher des motions injustifiées dans des domaines relevant de la gestion.

Leçon : ne craignez pas de demander conseil à votre conseil d’administration pour des questions de gestion. Mais gérez adéquatement cette démarche et ayez la confiance en vous pour savoir qu’il respecte votre rôle.

John Gustavson
Ancien président
Association canadienne du marketing

Trouvez la cause qui vous passionne et vous pourrez y travailler de longues années! Dans le milieu associatif, on trouve trois spécificités que je considère essentielles aux personnes oeuvrant dans le secteur associatif : une cause, le travail avec les gens et une bonne pratique de gestion.

En 1982, je terminais un MBA aux HEC Montréal et j’ai vu une annonce où l'on cherchait un directeur général pour un nouvel organisme en santé et sécurité du travail. Tout était à bâtir, cela m'a plu. Pour bien démarrer l'organisme, il nous a fallu nous donner les valeurs appropriées au milieu patronal, être à l'écoute des besoins des membres, comprendre les associations fondatrices et les gens d'entreprises, afin que le Centre patronal de santé et sécurité du travail du Québec puisse offrir des programmes et services présentant une valeur. Le milieu patronal était alors démuni par rapport à la nouvelle législation en santé-sécurité. Chaque association avait sa vision, il fallait tenter de marier le rêve de chacune. J'avais trouvé ma cause! Elle m'a mobilisée jusqu'à ma retraite, 31 ans plus tard.

Les qualités recherchées pour oeuvrer à la direction générale d'une association comprennent la générosité, un désir de bâtir, du leadership - en étant aussi capable d'être en retrait -, beaucoup d'adaptation et la capacité de canaliser les énergies. Il faut aussi respecter les gens, les bénévoles, les associations qui sont nos membres, le travail effectué par les autres organismes ainsi que leur mission. Cela requiert une bonne capacité d'analyse des aspects sociaux, économiques et politiques, afin de dégager ce qui doit être mis en oeuvre pour offrir aux entreprises les services appropriés en santé-sécurité.

Vous êtes de la génération montante et vous envisageriez de travailler en milieu associatif? Connaissez-en les spécificités, investissez dans votre formation académique et vous trouverez en milieu associatif un travail exigeant, mais très valorisant.

Denise Turenne, M.B.A, Adm.A.
Présidente et chef de la direction retraitée
Centre patronal de santé et sécurité du travail du Québec (CPSSTQ)

Cinquante ans de gestion associative m’ont convaincu que notre profession et les organismes sans but lucratif que nous servons constituent la pierre angulaire d’une société démocratique. Notre implication

permet à des individus ou à des sociétés membres de réaliser collectivement ce qu’il leur serait impossible d’accomplir seuls.

Nos dirigeants bénévoles qui forment nos conseils d’administration s’impliquent parce qu’ils croient dans la mission de l’organisation et qu’ils peuvent prendre des décisions et des mesures qui auront un impact. Nous avons la responsabilité de démontrer à nos dirigeants désignés et aux membres qu’ils représentent que nous sommes partenaires du leadership de notre association.

Les membres jouent deux rôles de premier plan dans leur association, étant à la fois propriétaires – donc donnant des ordres - et clients – faisant entendre leurs exigences et jugeant le rapport qualité-prix des services rendus. Cela peut représenter un défi pour ceux qui doivent guider nos bénévoles afin d’atteindre un consensus raisonnable.

Notre profession comporte ses pièges dans lesquels nous pouvons tomber, peu importe notre degré de vigilance. Nous marchons constamment sur une corde raide; quand nous sommes trop discrets, trop modestes, on nous perçoit comme si l’on se cachait derrière l’association; quand nous sommes trop visibles, les membres nous accusent de surenchère ou de les empêcher de remplir pleinement leur mandat d’administrateur. C’est en effet un jeu d’équilibre délicat.

Michel G. Tremblay, caé
Directeur administratif
Association des industries de l’automobile du Canada – division du Québec

La gestion d’association est une affaire de gens. Il m’a fallu du temps pour l’apprendre. Je croyais d’abord que c’était l’affaire des aspects techniques d’une bonne gestion – résultats, plans stratégiques, plans opérationnels, évaluations de la gestion du risque, etc., mais non – ce n’est pas la garniture du sandwich. C’est une affaire de gens.

  1. Vous ne devez pas craindre de vous entourer de personnel plus intelligent que vous.
  2. Le personnel est désireux de bien faire, de réussir, de mettre des résultats sur la table, alors laissez-le faire. N’entravez pas leur chemin en faisant de la microgestion, sinon ils délégueront toutes les décisions vers le haut.
  3. Ne craignez pas de laisser partir les incompétents. Les employés productifs qui travaillent fort acceptent mal de travailler à un poste de travail voisin de quelqu’un qui gagne le même salaire, sans pour autant le mériter.

Les mêmes principes s’appliquent au conseil d’administration – on parle de gens. Vous pouvez avoir des compétences moyennes en ce qui concerne les aspects techniques mentionnés précédemment en matière de gestion d’organisation, mais vous devez bien saisir les « soins et la nourriture » de vos bénévoles :

  1. Les administrateurs sont des individus et vous devez vous en souvenir au moment de traiter avec les membres du conseil.
  2. Dès le début, découvrez quel est leur « intérêt personnel ».
  3. Ils n’aiment pas être surpris. Si le ciel doit leur tomber sur la tête – dites-leur quand!

Pour conclure, mon conseil à la prochaine génération de leaders associatifs est le suivant : rien ne change, c’est une affaire de gens. Ils ont beau utiliser Twitter, Flickr, Tumblr, Vimeo, Instagram, tandis que j’ai commencé avec le courrier régulier, les télécopies et finalement les courriels – c’est encore aujourd’hui une affaire de gens.

Ed Barisa
Chef de la direction
Ontario Real Estate Association